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LA PREMIERE ROSE

 

La première rose à prendre la pose dans mon jardin
Elle était, certes, à peine entrouverte, altière un brin,
En ce temps là, fier, de haut en bas, moi, j’ignorais
Tout des offrandes, des cœurs à prendre, je ne croyais

Pas qu’une rose, tout juste éclose, m’envoûterait
Comme une dose d’un sort qui n’ose dire ce qu’il est,
Je n’sais pourquoi, le flair aux abois, tel un chien d’arrêt
Méfiant jusqu’à la Paranoïa, l’humer je n’osais.

Et l’épineuse fleur mystérieuse,
piqua si fort, j’en frissonne encore,
Vierge, curieuse, fraîche allumeuse,
parfum de flore à perdre le nord.

Depuis, des roses ont poussé, des roses ont fané, sans fin,
Et j’attends, morose, une métempsychose qui, jamais ne vient,
Lorsque je bats, campagnes et bois, en rondes insensées,
Pour trouver l’âme de la prime flamme d’un printemps passé.

Ces enjôleuses, se rient, moqueuses,
non sans mépris, de mon anosmie,
Qu’elles semblent heureuses, en ravisseuses,
roses des vents perdues dans le temps.

 

 

(Paroles & Musique E.Martins - 28/08/2015)